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A l'angle du renard

Publié le par Isabelle

Arsène Le Rigoleur, la quarantaine, a hérité de la ferme familiale en Bretagne. Paysan fortement attaché à sa terre, il voit d’un mauvais œil arriver les citadins qui ne connaissent rien à la campagne, et disparaître peu à peu les fermes de son village. Le Rigoleur, ce n’est pas franchement un rigolo, c’est le moins que l’on puisse dire et on ne plaisante pas avec son patronyme ! À la mort du père Morvan, son voisin, les enfants de ce dernier vendent la ferme aux Maffart, des gens de la ville...Grandir à la campagne, cela va être bon pour les enfants : Louis a 8 ans et Juliette, une maligne celle-là, 5 ans. Tout de suite, la petite fille va curieusement adopter Arsène, le suivre partout, le questionner sur son travail, lui « faire la radio pendant qu’il trait les vaches »... un vrai moulin à paroles. Le Rigoleur, ce n’est pas vraiment un causant lui, mais c’est lui le narrateur de l’histoire... son histoire, l’histoire de sa famille. Il raconte, et l’angoisse et le malaise du lecteur montent crescendo.

Fabienne Juhel n’a pas écrit un roman du terroir, même si elle décrit superbement la campagne... elle n’a pas écrit non plus un roman policier, même s’il y a quelques cadavres dans les placards ! C’est juste l’histoire d’un homme qu’on n’aimerait pas trop avoir comme voisin, un homme qui nous entraîne jusqu’au bout de sa folie…une histoire qu’il est impossible de lâcher quand on a commencé à y mettre le nez. Citadins, si vous venez à la campagne, regardez à deux fois, s’il n’y a pas un Le Rigoleur dans les parages et prenez garde au renard qui n’est jamais bien loin !

angle du renard
Fabienne Juhel - A l'angle du renard - Actes Sud (Babel) - 7,80€

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Histoire de l'Algérie à la période coloniale (1830-1962)

Publié le par Philippe

Un demi-siècle après les accords d’Evian, il est possible d’avoir connaissance de ce que fut la guerre d’Algérie. Son histoire est maintenant bien documentée grâce aux travaux des historiens. Pourtant cette guerre soulève encore de très nombreuses passions tant les traumatismes qu’elle a laissés sont importants, avec pour conséquence une assez large méconnaissance de sa réalité et cela malgré les dizaines de livres, films, documentaires télévisuels… Combien de personnes encore continuent-elles de confondre les évènements du 17 octobre 1961 et ceux de Charonne ? Combien de français ont-ils entendu parler de Sétif et de Guelma en 1945 ?

Pour l’ensemble de l’histoire coloniale de l’Algérie (1830-1962), c’est encore pire, car cette histoire a été passée sous silence dans les deux pays et est donc très largement ignorée des deux populations. Il n’existait que très peu d’ouvrages sur cette période.  Comment dès lors comprendre la guerre d’Algérie, ses traumatismes mais aussi certaines difficultés de la France et de l’Algérie contemporaines si l’histoire commune n’a pas été racontée ?

Deux éditeurs, un français et un algérien, La Découverte et Barzakh,  publient un livre passionnant « Histoire de l’Algérie à la période coloniale 1830-1962» qui comble enfin ce manque. Ce « gros » livre, découpé en quatre grandes périodes, regroupe de nombreux articles écrits par des dizaines d’historiens français, algériens et anglo-saxons. Tous les aspects sont abordés : historique évidemment, économique, social, artistique, les acteurs, le contexte… On peut bien sûr le lire de manière continue et exhaustive, mais son système de renvois, sa table bien détaillée et son index des noms permettent aussi des lectures thématiques.

Ce livre est tout simplement indispensable à qui s’intéresse à l’histoire de la France et de l’Algérie coloniale. Il n’est pas question ici de vaine repentance ou de concurrence mémorielle mais juste de dire l’histoire.

Histoire de l'algérie période coloniale

Histoire de l'Algérie à la période coloniale (1830-1962) - La Découverte - 28,50€

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Publié dans Essais

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Les lois fondamentales de la stupidité

Publié le par Philippe

Attention, ce livre va changer votre vie ! Ils sont partout, ils sont parmi nous. Qui ça ? Les êtres les plus nuisibles, les plus dangereux qui soient : les gens stupides !

Un historien de l’économie, Carlo Cipolla les a étudiés et nous livre les clés, les cinq lois fondamentales de la stupidité humaine. Vous allez apprendre à reconnaître et ne plus jamais sous-estimer cet adversaire.

« Depuis des siècles, depuis des millénaires, dans la vie publique comme dans la vie privée, d’innombrables individus ont omis de prendre en considération la Quatrième Loi Fondamentale, ce qui s’est traduit par des pertes inimaginables pour l’humanité ».

Vous voilà prévenu…

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Carlo M Cipolla - Les lois fondamentales de la stupidité humaine - PUF - 7€
Traduit de l'italien par Françoise Liffran

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Rescapé du camp 14

Publié le par Philippe

Shin est né dans un camp de travail nord-coréen. Ses deux parents étaient des « prisonniers méritants » aussi ont-ils eu le droit de se marier - sans toutefois se choisir - et de pouvoir passer cinq nuits ensemble par an. Un luxe dans un univers où toute relation est punie de mort… De cette union est né Shin, mais dans ce monde absurde et violent, sa mauvaise génétique fait de Shin lui-même un prisonnier. A vie. Enfin pas très longtemps… Heureusement, Shin parviendra par miracle à s’évader et à rejoindre la Chine, puis la Corée du Sud et l’Amérique. Mais comment vivre lorsqu’on a grandi dans un milieu sans amour, sans confiance, sans droits ?

Ce témoignage recueilli par Blaine Harden est terrifiant de brutalité et effarant d’absurdité. Avec une grande intelligence, le journaliste l’élargit à la Corée du Nord entière et montre que les travers du camp ne sont que l’expression extrême des travers que cette dictature impose à son peuple : famine, violence, délation, arbitraire… On sait les difficultés de la réunification allemande, qu’en sera-t-il des Corées ? Combien d’années faudra-t-il à ce peuple pour revivre lorsqu’enfin la grande satrapie Kimjongienne s’écroulera ?

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Blaine Harden - Rescapé du camp 14 - 10/18 - 7,50€
Traduit de l'anglais (US) par Dominique Letellier

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Les séparées

Publié le par Emmanuelle

Auteur du remarquable roman La Mer Noire (2010, Sabine Wespieser éditeur), Kéthévane Davrichewy livre dans Les Séparées une magnifique histoire d’amitié. Une tendre et douloureuse, troublante et si juste histoire de sentiments. Celle d’Alice et Cécile, les meilleures amies du monde en 1981. Elles avaient seize ans et des rêves plein la tête ! Désormais, elles ont trente ans de plus, elles se sont perdues de vue, voire même un peu brouillées. Aujourd’hui, Alice vit mal une rupture conjugale inattendue et Cécile est dans le coma suite à un accident. Ici, chacune à sa façon, avec ses forces et ses faiblesses, se raconte ou raconte l’autre au passé comme au présent. Dans l’entrelacement de leurs deux récits, il apparaît que ce sont leurs différences comme leurs passions communes qui les lient. En toile de fonds, le monde politique et social évolue. Inexorablement se multiplient les non-dits, les renoncements, les petits et grands mensonges.
Ce n’est pas nouveau, en amitié, déclinaison particulière de l’amour, comme les sentiments sont complexes ! Pourtant, ce qui est remarquable ici c’est le talent littéraire de Kéthévane Davrichéwy pour rendre si sensible l’histoire de cette amitié, aussi forte que fragile.

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Kéthévane Davrichewy - Les séparées - Sabine Wespieser - 18€

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Meurtres au manoir

Publié le par Emmanuelle

Qu’on se le dise : un nouveau roman de Willa Marsh a paru ! Après le jubilatoire Meurtres entre sœurs (Autrement, 2009) et l’irrésistible Journal d’Amy Wingate (Autrement, 2010), voici une histoire de famille plutôt énigmatique.
Ici, tout commence (comme finit un conte de fées) par un mariage. Celui de Clarissa (un peu sotte et très sentimentale) et Thomas (jeune, veuf et héritier d’un délicieux manoir Tudor). Idéal ? Pas complètement car le jeune marié vit sous le même toit que ses deux vieilles tantes, Olwen et Gwyneth. Deux mémères qui excellent dans l’art de servir du thé et des pâtisseries comme dans l’art de manigancer les plus diaboliques projets…
A nouveau, Willa Marsh nous tient en haleine et nous régale car c’est grinçant, glaçant et très, très savoureux!

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Willa Marsh - Meurtres au manoir - Le Livre de Poche - 6,70 €
Traduit de l'anglais (GB) par
Eric Mccomber (éditions Autrement)

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Journal d'un corps

Publié le par Emmanuelle

Le corps. Voici un sujet original et inattendu dont s’empare malicieusement Daniel Pennac. De 13 à 87 ans, un homme tient sans état d’âme le journal de sa ‘carcasse’. De l’adolescent qui veut devenir consistant au vieillard agonisant, on savoure ses mutations les cinq sens en éveil , évidemment !
Qu’il défèque, urine, éternue ou se gratte, ce narrateur anonyme (né en 1924) se refuse à tenir un journal intime. Qu’il saigne, crie (à la place du blessé !), pète, frissonne ou déglutisse, caresse ou jouisse, son corps a cela d’universel qu’il est source de plaisirs comme de désagréments. Son journal, impudique, sans tabou, se lit aussi avec bonheur comme un recueil d’aphorismes.
Jusqu’à sa mort en 2010, il manie toujours la plume avec humour, car
‘quand on a tenu toute sa vie durant le journal de son corps, une agonie ça ne se refuse pas!’.Aussi, si vous avez raté une étape, si vous cherchez un conseil ou un sourire, reportez-vous à l’incontournable index de ce pseudo et si singulier dictionnaire médical.
Touchant et drôle, ce
Journal d’un corps l’est assurément. Une version au féminin serait appréciée (notamment par le diariste lui-même), qui tente l’aventure ?

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Daniel Pennac - Journal d'un corps - Gallimard - 22€

 
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Bon rétablissement

Publié le par Emmanuelle

Une bonne nouvelle (encore !) : la parution d’un nouveau roman de Marie-Sabine Roger. Si vous avez raté La tête en friche et Vivement l’avenir (tous deux aux éditions du Rouergue), ne manquez absolument pas son savoureux et non moins roboratif Bon rétablissement. C’est un roman ‘médicament’ comme on en fait peu. C’est un roman indispensable signé par une talentueuse auteur qui sait inventer des histoires touchantes et percutantes, sait faire vibrer des personnages attachants plus vrais que nature et (ce qui ne gâche rien) a l’art de trouver les mots justes et le génie de la formule qui fait mouche à chaque fois ! Autant dire que même si ici il est question d’un homme veuf, sans enfants, un tantinet bougon et de surcroît hospitalisé (pour cause de multiples fractures), on ne boude pas son plaisir de passer quelques jours en sa compagnie afin de suivre avec attention et délectation sa convalescence, ses rencontres et ses états d’âme.
Un livre à s’offrir et à offrir comme une cure de vitamines à la sortie de l’hiver !

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Marie-Sabine Roger - Bon rétablissement - Rouergue - 18,50€

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A défaut d'Amérique

Publié le par Emmanuelle

A défaut d’Amérique : voici un beau titre pour un très beau roman. A défaut de vous en résumer (maladroitement) l’histoire (captivante), voici deux bonnes raisons de lire ce roman.
Primo : Carole Zalberg est une excellente conteuse. Elle sait rendre captivantes deux ou trois petites histoires de famille qui s’inscrivent dans la grande, celle avec la fameuse majuscule. Sur trois générations d’hommes et de femmes (de femmes surtout), mettons le cap sur l’Europe du XXe secouée par deux (ou trois) grandes guerres, faisons un détour par les Etats-Unis, et pourquoi pas en Afrique, du Sud plus exactement.

Secundo : Carole Zalberg est une auteur qui se soucie des mots, de rythme, de tempo, en un mot de style ! Sa maîtrise concourt à renforcer la lumière comme l’ombre de son récit. Et pourtant ne vous y méprenez pas, ses personnages, du passé ou de notre époque, sont de bons vivants (orgueilleux, volontaires, charmants, charmeurs, querelleurs). Humains !
Conclusion : ni bâclé, ni pesant, voici un roman d’une justesse rare à découvrir d’urgence !

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Carole Zalberg - A défaut d'Amérique - Actes Sud
- 18,50 €
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Vivants

Publié le par Tiffany

Quand on est ni vivant ni mort avec un seul but dans la vie (et non des moindres !) dévorer des humains, on peut difficilement parler de relations sociales.

R ne se souvient pas de son prénom complet. Vous me direz quand on est un zombie on ne se souvient pas de grand-chose. C’est donc reclus dans un aéroport désaffecté, entouré de ses potes zombies, qu’il trompe le temps en collectionnant des objets qui sont susceptibles d’éveiller chez lui la moindre émotion. Lors d’une partie de chasse, il va croiser la route de Julie et de son petit ami Perry, dont il va manger le cerveau (mais sans faire exprès !) et par la même occasion engloutir le passé, les sentiments et les pensées de celui-ci.

C’est là que ça se complique.

En voulant protéger Julie d’une mort atroce et sanglante, il va peu à peu se rapprocher d’elle, et se sentir plus… humain.

R va vite se rendre compte que c’est particulier de vouloir être vivant quand on n’a pas de pouls. Mais après tout, la vie ce n’est qu’un détail.

Vivant---Isaac-Marion.jpg
Isaac Marion -Vivants - Bragelonne - 17 €

Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Benoît Domis

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